Vendredi 30 mars 2007
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Le statut de la célébration de l’anniversaire de la naissance du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui)
Louange à Allah, Maître des Mondes. Bénédiction et salut soient sur notre Prophète, sur sa famille et sur tous ses compagnons.
Il est évident que le Livre et la Sunna ordonnent l’observance de la loi d’Allah et de Son Messager et interdisent l’introduction d’innovations dans la religion. Allah le Très Haut a dit : «Dis: "Si vous aimez vraiment Allah, suivez- moi, Allah vous aimera alors et vous pardonnera vos péchés.» ( Coran, 3 : 31) et : «Suivez ce qui vous a été descendu venant de votre Seigneur et ne suivez pas d' autres alliés que Lui. Mais vous vous souvenez peu. » (Coran, 7 : 3) et : «Et voilà Mon chemin dans toute sa rectitude, suivez- le donc; et ne suivez pas les sentiers qui vous écartent de Sa voie. » (Coran, 6 : 153). Le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a dit : « le livre d’Allah véhicule le discours le plus vrai, et l’enseignement de Muhammad est le meilleur et les pratiques (religieuses) innovées les pires ». Il a dit encore : « Quiconque introduit dans notre affaire (religion) ce qui lui est étranger le verra rejeter » (rapporté par al-Boukhari sous le n° 2697 et par Mouslim sous le n° 1718). Une version rapportée par Mouslim dit : « quiconque accomplit une œuvre non conforme à notre affaire (religion) la verra rejeter ».
La commémoration de l’anniversaire de la naissance du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) au mois de Rabi I fait partie pratiques condamnables inventées par les gens. Ils s’y prennent de différentes manières :
– Certains se contentent de se réunir pour écouter lire le récit du mawlid (la naissance du Prophète) ou prononcent des discours ou lisent des poèmes ;
– D’autres préparent des repas et des gâteaux et d’autres aliments et les offrent aux participants ;
– D’autres célèbrent l’événement dans les mosquées ou chez eux.
– D’autres, loin de se contenter de ce qui précède, intègrent dans la cérémonie des pratiques prohibées ou réprouvées comme le contact physique direct entre des hommes et des femmes dans une ambiance marquée par des chants et la danse ou des pratiques polythéistes comme l’imploration du secours du Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui), son invocation et la sollicitation de son aide contre l’ennemi, etc.
Ces différentes manières de célébrer l’événement ont en commun leur caractère d’innovation prohibée inventée par les chiites fatimides après les trois meilleurs siècles (de l’Islam) pour corrompre la religion des musulmans.
Le premier initiateur de ces manifestations en public fut al-malik al-moudhaffar Abou Said Kawkaboury, roi d’Arbel vers la fin du 6e siècle et le début du 7e siècle de l’Hégire d’après des historiens comme Ibn Khallitan et d’autres.
Abou Shama dit : « Le premier à l’avoir célébrée à Moussoul fut Cheikh Omar Ibn Muhammad al-Moulla, l’un des célèbres hommes pieux. C’est son initiative qui fut perpétuée par le roi d’Arbel et d’autres.
Al-Hafiz ibn Kathir a dit dans al-bidaya wa an-nihaya (13/137) à propos de la biographie d’Abou Said Kazkabouri : « Il organisait une grande cérémonie au mois de Rabi I à l’occasion de l’anniversaire de la naissance du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui). Al-Bast a dit : un des participants à l’une des cérémonies organisées par al-Moudhaffar m’a raconté que ce dernier faisait étaler sur une nappe 5 000 (moutons), méchoui, 10 000 poulets, 100 000 coupes à crèmes, 30 plats de gâteaux […]. Il organisait un concert (religieux) pour les soufi et dansait avec eux du début de l’après-midi jusqu’à l’aube ».
Dans Wafayat al-a’yan (3/274), Ibn Khallikan dit : « Dès le début du mois de Safar, ils se mettaient à donner la plus belle décoration aux dômes. Sous chaque coupole se tenait un groupe de musiciens. Pendant cette période, les gens chômaient et n’avaient d’autre occupation que de venir regarder les fêtards et tourner autour d’eux […]. Deux jours avant le mawlid, le roi emmenait un nombre de chameaux, de bœufs et de moutons qui défiait la description et les faisait accompagner de tambours, de chants et d’actes de divertissements, et faisait progresser le cortège jusqu’à la place publique […]. Dans la nuit de la cérémonie, il organisait un concert (religieux) à la citadelle après la prière du maghreb ».
Voilà la genèse de la célébration de l’anniversaire de la naissance (du Prophète ). Elle date d’une époque récente et fut accompagnée de manifestations de divertissement, d’excès, de gaspillage des biens et du temps, le tout fondé sur une innovation qu’aucun argument tiré de la révélation d’Allah ne permet de soutenir.
Il convient au musulman de s’employer à faire vivre les pratiques enseignées par la Sunna et à faire disparaître les innovations et de n’engager une action avant de connaître le jugement d’Allah à son propos.
Le statut de la célébration de l’anniversaire de la naissance du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui).
La cérémonie organisée à l’occasion de l’anniversaire de la naissance du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) est interdite pour plusieurs considérations :
Premièrement, ni le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) lui-même ni ses compagnons ne l’avaient faite. Or toute pratique religieuse qu’ils n’avaient pas faite est une innovation à interdire compte tenu de la parole du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) : « Tenez fortement à ma Sunna et à celle des guides qui me succéderont ; accrochez-vous-y ( mordez les avec vos incisives). Méfiez-vous des pratiques innovées car toute pratique (religieuse) inventée constitue une innovation et toute innovation est une aberration » (cité par Ahmad, 4/126 et par at-Tirmidhi, n° 2676).
La célébration du mawlid est une pratique instaurée par les Fatimides après les meilleurs siècles pour corrompre la religion des musulmans. Or quiconque invente, pour se rapprocher d’Allah, une pratique que le Messager d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui) et ses compagnons n’avaient ni ordonnée ni accomplie, accuse le Messager implicitement de n’avoir pas bien expliqué la religion aux gens et démenti la parole du Très Haut : «Aujourd'hui, J' ai parachevé pour vous votre religion. » (Coran, 5 : 3) dans la mesure où il a apporté un surplus qu’il présente comme une partie de la religion, bien que n’ayant pas été enseignée par le Messager d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui).
Troisièmement, la célébration de l’anniversaire de la naissance du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) revient à imiter les chrétiens qui fêtent la Noël. Or leur imitation fait l’objet d’une interdiction aggravée. Les hadith nous interdisent de nous assimiler aux infidèles et nous ordonnent de ne pas les suivre (dans leurs pratiques).
A ce propos, le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a dit : « Quiconque cherche à ressembler à des gens leur est assimilable » (cité par Ahmad, 2/50 et par Abou Dawoud, 4/314). Le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a dit encore : « différenciez-vous des polythéistes » ( rapporté par Mouslim, 1/222 n° 259 ). Cela s’applique plus particulièrement à leurs rites religieux.
Quatrièmement, la célébration de l’anniversaire du mawlid, en plus de son caractère innové et d’imitation des chrétiens – deux choses qui sont interdites – , conduit à l’excès et à l’exagération de sa vénération voire à son invocation et l’imploration de son secours à la place d’Allah. Ceci est la réalité constatée à nos jours chez bon nombre de ceux qui célèbrent l’anniversaire innové du mawlid. En effet, ils invoquent le messager d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui) au lieu de celle d’ Allah et implore le secours du Prophète et déclament des poèmes entachés de polythéisme comme la bourda et d’autres pour faire son éloge. Or le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a interdit qu’on le loue de manière exagérée et a dit : « Ne me faites pas des éloges excessives comme les chrétiens le font pour le fils de Marie car je ne suis que Son serviteur. Dites donc : il est l’esclave serviteur d’Allah et Son messager » (cité par al-Boukhari, 4/142 n° 3445, al-Fateh 6/551) c’est-à-dire : ne commettez pas d’excès dans les louanges et la vénération que vous faites à mon endroit comme les chrétiens l’ont fait à l’égard de Jésus qu’ils ont fini par adorer, malgré l’interdiction divine qui leur avait été adressée en ces termes : «Ô gens du Livre (Chrétiens), n' exagérez pas dans votre religion, et ne dites d' Allah que la vérité. Le Messie Jésus, fils de Marie, n' est qu' un Messager d' Allah, Sa parole qu' Il envoya à Marie, et un souffle (de vie) venant de Lui.» (Coran, 4 : 171).
Notre Prophète nous a interdit les excès afin de nous éviter le sort qui les a frappés. C’est ainsi qu’il a dit : « Méfiez-vous des excès car ils ont entraîné la perdition de vos devanciers » (cité par an-Nassaï, 5/268 et déclaré authentique par al-Albani dans Sahihi Sunani an-Nassaï, n° 2862 .
Cinquièmement, la perpétuation de l’innovation que constitue le mawlid ouvre la porte à d’autres innovations et détourne les gens des pratiques enseignées par la Sunna. C’est ainsi qu’on voit les partisans des innovations s’y livrer ardemment tout en négligeant les pratiques sunnites, en les haïssant et en leur déclarant l’hostilité. ils en viennent même à réduire leur pratique religieuse à des commémorations innovées et des mawlid. En outre, ils se sont divisés en groupes et chaque groupe célèbre l’anniversaire de la naissance de ses grandes figures. C’est ainsi que l’on voit les mawlid d’al-Badawi, d’Ibn Arabi, d’ad-Doussouqui et d’ach-Chadhili… Ils passent d’un mawlid à un autre, et il en a résulté des manifestations exagérées à l’endroit de ces défunts et à l’endroit d’autres. Ils les invoquent à la place d’ Allah et croient qu’ils peuvent leur profiter et leur porter préjudice. Ce qui les amène à s’exclure de la religion d’Allah et à retourner à la religion des païens à propos desquels Allah a dit : « 18- Ils adorent au lieu d' Allah ce qui ne peut ni leur nuire ni leur profiter et disent : "Ceux-ci sont nos intercesseurs auprès d' Allah".» (Coran, 10 : 18) et : «"Nous ne les adorons que pour qu' ils nous rapprochent davantage d' Allah.» (Coran, 39 : 3).
Discussion des arguments incertains des partisans de la célébration du mawlid
Ceux qui soutiennent la perpétuation de cette innovation s’accrochent à des arguments plus faibles que la toile d’araignée. Ces arguments se présentent comme suit :
1/ Prétendre que c’est une manière de vénérer le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui).
Notre réponse est que la vénération[du Prophète] consiste strictement à lui obéir, à exécuter ses ordres, à abandonner ses interdits et à l’aimer. On ne le vénère pas en se livrant à des innovations (religieuses) ni en maintenant des croyances légendaires ni en perpétuant des actes de désobéissance. La célébration du mawlid relève de cette catégorie d’acte puisqu’elle constitue une désobéissance [ au Prophète ]. Les Compagnons étaient ceux qui ont fait preuve de la plus grande vénération à l’égard du Prophète . C’est pourquoi Urwa ibn Massoud dit à Quaraych : « Mon peuple ! J’ai fréquenté des rois notamment César et Cosroë et le Négus… Au nom d’Allah ! Je n’ai vu aucun roi faire l’objet d’une vénération comparable à celle que les compagnons de Muhammad lui vouent. Au nom d’Allah ! Il ne crache pas sans que l’un d’eux rattrape le crachat et se frotte le visage et le corps avec. Quand il leur donne un ordre, ils s’empressent à l’exécuter. Quand il fait ses ablutions, ils se précipitent sur le reste de l’eau qu’il a utilisée. Quand il parle, ils baissent leur voix et ne fixent pas leur regard sur lui en signe de vénération. (cité par al-Boukhari, 3/178 n° 2731, 2732, al-Fateh : 5/388). Cette vénération ne les avait pas amené à célébrer sa naissance. Si cela était permis, ils l’auraient fait.
Par anonyme
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Publié dans : fatwa
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